Ligue 1 : Ibrahima Koné, la dernière sensation de l'attaque lorientaise

Ligue 1 : Ibrahima Koné, la dernière sensation de l'attaque lorientaise

Ibrahima Koné, qui a fait plusieurs apparitions remarquées lors de ses débuts hivernaux à Lorient, assure à l'AFP qu'il a digéré l'échec de la sélection malienne à se qualifier pour la prochaine Coupe du monde et qu'il se prépare à "marquer des points" dimanche au Parc des Princes (21H00).

Le Mali n'était pas loin de la Coupe du monde 2022 : après une victoire 0-1 contre la Tunisie lors du match aller des barrages, le match retour s'est soldé par un nul 0-0 mardi. Mais Koné ne veut pas s'arrêter à la fatigue et à la déception. "Je me sens prêt, je veux oublier ce qui s'est passé en équipe nationale, je suis concentré ici", a-t-il déclaré dans une interview à l'AFP. Avec Dango Ouattara et Sambou Soumano, des natifs remontés de la réserve, il est le nouvel espoir du maintien de Lorient. Il a été recruté en Norvège à la fin du mercato hivernal afin d'élargir la palette offensive, mise à mal par le manque de réussite de Terem Moffi.

Le jeune homme de 22 ans, en pleine confiance après ses trois buts sur penalty en Coupe d'Afrique (1,90 m, 92 kg), a inscrit trois autres buts pour les Merlus, à chaque fois peu après son entrée en jeu en fin de match. Lors de sa première apparition contre Lens, quelques jours seulement après son arrivée, il ne lui a fallu que 39 secondes (2-0) pour pousser dans le but vide un ballon repoussé par Jean-Louis Leca.

De Bamako aux fjords

La magie n'a pas opéré à Monaco, Montpellier et Lyon, mais il a réitéré son exploit avec un bijou de vitesse, de puissance et de précision 2 minutes et 42 secondes après son entrée en jeu contre Brest (1-0) et en prenant lui-même le ballon à la défense pour ouvrir le score seul après seulement 11 minutes sur le terrain à Clermont (2-0). Il n'a cependant rien contre le rôle de super remplaçant : "Je travaille pour être titulaire". Lui qui se cachait de sa famille pour jouer au football à Bamako n'a pas toujours été aussi franc : "En Afrique, si tu ne vas pas à l'école, tu vas traîner dans la rue, tu vas devenir un bandit, les familles ont peur de ça".

En février 2018, à 18 ans, il signe avec le club norvégien de Haugesund, où il passe de 40 degrés dans la capitale malienne à -10 degrés dans les fjords, et se retrouve seul dans une chambre d'hôtel alors qu'il ne parle pas encore un mot d'anglais. "Pas facile", résume-t-il sobrement. Même si un ami capverdien l'aide à s'acclimater, il a du mal à s'imposer sur le terrain, passe par un prêt peu concluant en Turquie début 2020, avant que l'entraîneur de Sarpsborg (1re division norvégienne), au sud d'Oslo, ne vienne le chercher en janvier 2021.

"Ça m'a fait grandir"

Désormais titulaire, il a marqué 11 buts en 28 matches et a gagné le surnom de "Lukaku du Mali". "C'est un grand joueur, un grand attaquant. Nous avons un peu la même carrure et j'espère un jour lui ressembler, voire le dépasser !" Il a également gagné une place dans l'équipe nationale du Mali, juste à temps pour la CAN. Un grand souvenir, malgré une élimination frustrante aux tirs au but en huitièmes de finale contre la Guinée équatoriale. "J'étais fier, même si ce n'était pas facile. J'étais nouveau, j'étais jeune, cela m'a donné beaucoup d'expérience et j'ai beaucoup appris. Jouer avec cette pression m'a fait grandir...", raconte-t-il.

Maintenant, il se prépare à défier les stars du PSG, non sans une certaine fierté : "Quand j'étais jeune, je les voyais à la télé, et aujourd'hui je vais jouer contre eux". Mais Lorient est 16e avec seulement un point d'avance sur le barragiste et l'heure est à la mobilisation : "Il faut aller chercher des points là-bas", dit-il. Ces dernières années, Lorient a toujours souffert au Parc des Princes, mais les Merlus ne se laissent pas impressionner : Au Moustoir, ils ont battu le PSG 3-2 en janvier 2021 et ont pris un point fin décembre (1-1).