Les dirigeants de la FIFA ont dû se rendre à l'évidence. Les premières mesures qu'ils avaient annoncées le week-end dernier après l'invasion de l'Ukraine par la Russie ne suffiraient pas. La fédération internationale s'était contentée d'ordonner des matchs sur terrain neutre et à huis clos pour la Russie, également privée de son hymne, de son drapeau et même de son nom, sur le modèle des Jeux olympiques. "Avant tout, la FIFA souhaite réaffirmer sa condamnation de l'usage de la force par la Russie lors de son invasion de l'Ukraine. La violence n'est jamais une solution et la FIFA exprime sa plus profonde solidarité avec tous ceux qui sont touchés par les événements en Ukraine", avait-elle ajouté. Mais surtout, la FIFA croit fermement que le mouvement sportif doit être uni dans ses décisions sur ce sujet et que le sport doit continuer à être un vecteur de paix et d'espoir".
Ces demi-mesures n'ont pas suffi à rassurer la Pologne, l'adversaire désigné de la Russie lors des play-offs pour la Coupe du monde au Qatar, ni la Suède ou la République tchèque, qui pourraient rencontrer la Russie lors du prochain match. Les trois nations étaient prêtes à boycotter le match et à s'exposer ainsi à une exclusion par la FIFA. La situation est devenue intenable pour les dirigeants du football mondial, surtout après la prise de position forte du CIO, qui a demandé à toutes les fédérations d'interdire la Russie tant que la guerre faisait rage en Ukraine. La FIFA a été mise face à ses responsabilités et a donc dû sévir à son tour en excluant la Russie.
Cette décision n'a pas été prise de gaieté de cœur par les dirigeants de la fédération internationale, Gianni Infantino en tête. Le président de la FIFA entretient en effet une relation forte avec Vladimir Poutine. "La FIFA sera toujours derrière la Russie", a-t-il déclaré après avoir été décoré de l'ordre de l'amitié par le président russe. La FIFA craint également que cette décision ait des répercussions, car elle s'est toujours cachée derrière une soi-disant neutralité politique. Elle a ainsi toujours refusé de s'ingérer dans le conflit israélo-palestinien, et de nombreuses voix pointent déjà du doigt un double standard...